Publié le 18/10/2009 à 00:13 par kanekarythm
Ö Yari xi-nyâ,(mon enfant)
Je ne prétends pas tout savoir sur la vie
Mais du moins tout ce que j'ai entendu et vécu
Je le partage avec toi...
Aujourd'hui, tu te sens grand.
Tu as passé cette période de l'adolescence.
Aujourd'hui, tu te dit "grand" parce que tu as 18 ans.
Tu veux partir de la maison.
Mais, mon enfant, sais-tu seulement ce qui t'attends?
La vie, dehors, ne s'abaissera jamais devant toi.
Elle ne déroulera jamais de tapis rouge pour toi.
Elle t'offrira des fleurs et le lendemain, des coups de cœurs.
Tu mettras ta famille sur le côté et privilégieras tes amis, en toute bonté.
Mais au fur et à mesure que tu avanceras dans la vie,
Ta terre mère, celle de tes pères te rappellera à la chefferie.
Car souviens-toi, mon fils, ici en Kanaky,ce n'est pas l'âge qui montre que tu a grandis
Mais ton expérience qui fera de toi un homme accompli.
Publié le 27/06/2009 à 00:53 par kanekarythm
Actualité publiée le jeudi 18 juin 2009.
Rédigée par Net-iris et classée dans le thème Droit Administratif.
Le Conseil des ministres a approuvé un projet de loi organique relatif à l'évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie et de Mayotte et un projet de loi ordinaire relatif à l'évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie, qui porte également ratification d'ordonnances.
Lors de la présentation des textes, la ministre de l'Intérieur a souligné que les dispositions concernant la Nouvelle-Calédonie avaient fait l'objet d'une longue concertation entre les signataires de l'Accord de Nouméa.
La réforme proposée détermine le nouveau périmètre ainsi que les modalités de transfert des compétences que la Nouvelle-Calédonie doit exercer à compter du mandat actuel du Congrès, conformément aux propositions émises par le VIIème comité des signataires de l'Accord de Nouméa en décembre 2008.
Ces modifications "apportées au statut de la collectivité, permettront d'assurer la mise en oeuvre des transferts, de façon progressive et pragmatique, par le développement de nouveaux modes de gestion de certains services et l'aménagement des modalités de compensation financière des transferts et des conditions de mise à disposition de personnels de l'Etat à la Nouvelle-Calédonie", a indiqué Michèle Alliot-Marie.
Notons également un effort de modernisation des institutions de Nouvelle-Calédonie, orienté vers l'assouplissement des conditions d'intervention des institutions locales dans la vie économique, la transparence et la continuité de la vie publique. La réforme vise aussi à clarifier et à compléter les règles relatives à la répartition des compétences et aux relations entre les pouvoirs publics.
Enfin, le projet de loi organique transforme, à compter de 2011, la collectivité départementale de Mayotte en un département de Mayotte, collectivité régie par l'article 73 de la Constitution et qui exercera les compétences dévolues en métropole au département et à la région, conformément au souhait exprimé par les électeurs mahorais lors de la consultation organisée le 29 mars dernier.
Publié le 27/06/2009 à 00:34 par kanekarythm
Publication de trois ordonnances au journal officiel concernant l'outre-mer
Actualité publiée le vendredi 15 mai 2009. Rédigée par Net-iris et classée dans le thème Droit Administratif.
Ont été publiées au journal officiel, l'ordonnance (n°2009-536) du 14 mai 2009 portant diverses dispositions d'adaptation du droit outre-mer, l'ordonnance (n°2009-537) du 14 mai 2009 portant extension et adaptation à Mayotte, dans les îles Wallis et Futuna, en Polynésie française, dans les Terres australes et antarctiques françaises et en Nouvelle-Calédonie de diverses dispositions de nature législative, et l'ordonnance (n°2009-538) du 14 mai 2009 portant extension et adaptation à la Nouvelle-Calédonie de diverses dispositions relatives aux communes et aux sociétés d'économie mixte locales.
La première actualise le droit applicable en outre-mer en l'adaptant aux spécificités de certaines collectivités. Elle consacre l'applicabilité outre-mer de plusieurs lois relatives aux libertés publiques, en particulier la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association et la loi du 30 juin 1881 relative aux réunions publiques. Les conditions d'exercice des recours devant le juge administratif sont harmonisées avec le droit applicable en métropole, notamment par l'extension en Nouvelle Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna de la procédure de référé précontractuel.
Des groupements d'intérêt public pourront ainsi être constitués en Nouvelle Calédonie dans les domaines de la formation, de la conservation et de la gestion des milieux naturels et de l'organisation des manifestations sportives internationales.
Enfin, l'ordonnance tient compte des contraintes particulières auxquelles sont confrontées les collectivités de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, en procédant aux adaptations nécessaires en matière de maîtrise de l'immigration, de sécurité intérieure et de procédure pénale.
La seconde ordonnance adapte à Mayotte, dans les îles Wallis et Futuna, en Polynésie française, dans les Terres australes et antarctiques françaises et en Nouvelle-Calédonie diverses dispositions de nature législative.
Il s'agit d'assurer l'égalité des droits entre les citoyens de métropole et d'outre-mer en étendant et en adaptant à ces collectivités diverses dispositions de nature législative intervenues ces dernières années, notamment en matière de lutte contre les violences routières et d'aide juridique.
Elle actualise également le droit applicable en Nouvelle-Calédonie, conformément aux attentes exprimées lors du VIème comité des signataires de l'Accord de Nouméa.
Enfin, la dernière ordonnance modifie le Code des communes de la Nouvelle-Calédonie, le Code des juridictions financières et la loi du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle Calédonie afin d'actualiser le régime budgétaire et comptable applicable à ces communes ainsi que le régime des sociétés d'économie mixte locales.
Source de l'image:http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www.ilesdumonde.com/iso_album/sejour-nouvelle-caledonie-ouvea-6.jpg&imgrefurl=http://www.ilesdumonde.com/sejour-nouvelle-caledonie_voyage-ile-mer.asp&usg=__KGKT5-gC63vSohKWCNLJ0ioFXCE=&h=444&w=696&sz=72&hl=fr&start=35&tbnid=81VLlwTfpM0Z0M:&tbnh=89&tbnw=139&prev=/images%3Fq%3Dnouvelle%2Bcaledonie%26gbv%3D2%26ndsp%3D20%26hl%3Dfr%26sa%3DN%26start%3D20
Publié le 24/02/2009 à 12:00 par kanekarythm
L’Archipel Calédonien - Grande Terre et Iles loyauté - , situé dans le Pacifique Sud, est peuplé de 200 000 personnes.
DES BONNES ET DES MAUVAISES COUTUMES
Les difficultés physiques, matérielles que rencontre une population, d’autant plus qu’elle est isolée du reste de l’humanité, peuvent l’amener à des régressions épouvantables. Il faut un minimum de sens critique face aux coutumes, au lieu de les sacraliser sans même savoir d’où elles viennent. La « vérité » d’un peuple est parfois plutôt dans son avenir -lié à la mémoire du passé bien sûr - que dans son passé.
« 1l est de tradition en Nouvelle-Calédonie, que les indigènes n'ont pas toujours mangé de la chair humaine. Apingea ...raconte ainsi l’origine de cette coutume : « Il y a longtemps déjà, une année, la récolte des ignames, des taros, des cocotiers manqua; l'on se nourrit d'abord de racines et d'herbes, mais comme cela ne suffisait pas, l'on du recourir à d'autres moyens; l'on mangea d'abord les vieilles femmes, puis les vieillards et enfin les enfants; la disette eut une fin, mais l'on avait pris goût au repas humain, et l'on continua. »
« Presque toujours les guerres n'ont d'autre but que de se procurer de la viande fraîche ». Les auteurs racontent une de ces guerres en 1857. « La guerre n'est pas le seul moyen que l'on emploie pour se procurer de la chair humaine. : le moindre motif, un rien suffit; celui, par exemple, de ne s'être point assez courbé devant le chef, la stérilité pour la femme, etc., etc ». « La chair des enfants est réputée très délicate. Dans quelques tribus .... les femmes stériles sont de destinées à être mangées et cela arrive d’autant plus souvent que leur chair est réputée des meilleures. »
« Ce sont les tribus les plus riches en plantations ... qui se livrent le plus souvent à cette abominable coutume. De plus ....les chefs et les naturels de distinction ont seuls ce privilège, et ces deux classes ne manquent jamais de nourriture; c'est encore à l'époque de la récolte des ignames, par conséquent dans un moment d'abondance, que ces festins sont les plus communs. Si l'on demande à un chef pour quel motif il se livre à une semblable coutume, il vous répond : « Quand un ami vient te voir, que fais-tu? Pour lui faire bon accueil, tu tues un mouton, des poules, etc. Moi, je n'ai ni moutons, ni poules, je tue un homme ; d'ailleurs, quand j'ai mangé de la chair, je suis plus fort. »
Nous croyons que cette horrible coutume n'est pas uniquement la conséquence de penchants dépravés, mais que tout homme ayant besoin de chair, un instinct naturel a dû pousser ces malheureux à pourvoir à la privation de chair animale par des moyens qui répugnent à nos idées d'hommes policés.»[1]
LA LOI ET COUTUME
La constitution de 1946 art 82 et la constitution de 1958 art75 reconnaissait expressément le statut civil particulier des canaques. Les canaques pouvaient renoncer au statut coutumier pour le droit commun.
Selon l’ordonnance du 15 octobre 1982, les litiges relevant des règles coutumières sont jugés par la juridiction de droit commun complétée par des assesseurs coutumiers.
La loi organique de 1999 a permis aux canaques de renoncer au droit commun pour revenir au statut coutumier. Elle a permis au congrès de Nouvelle Calédonie de légiférer dans certains domaines, donc le droit coutumier. Un Sénat coutumier est créé, avec des attributions consultatives.
Le propre du droit coutumier étant de ne pas être une loi débattu et écrite mais d’être issu de la pratique, parler de légiférer en matière de coutume est propre du non sens.
La législation aurait pourtant en matière de coutume une utilité certaine : « elle permettra de préciser un certain nombre de règles coutumières dont beaucoup connaissent l’existence sans être en mesure d’en déterminer les contours. »
On avait bien cru remarquer cet avantage, dans le royaume de France, il y a quelques siècles : écrire les coutumes facilite leur connaissance.
En effet, quel est le droit coutumier kanake ?
Réponse résumée des juristes : demandez aux ethnologues.
« Nous savons que dans tous les aspects de la vie sociale mélanésienne des règles existent, mais actuellement nous en connaissons mal les contours. Il faut espérer que la dynamique créée par l’accord de Nouméa et la loi organique permettra une meilleure appréhension de ces règles. En créant un sénat coutumier la loi organique a doté le pays de l’institution qui permettra peut être d’avancer dans la connaissance et le renouvellement du droit coutumier. »[2]
Pour quiconque pense vivre en France dans un état de droit, ces propos semblent être un gag.
Ajoutez : la complexité des institutions créées par le nouveau système, des conflits entre Mélanésiens et non Mélanésiens, entre Mélanésiens ressortissant d’aires coutumières différentes...
Il y en a sans doute un qui la connaît mieux que les autres, la coutume : le chef. « Pour les vieux Mélanésiens la coutume était le « chef » et on était libre quand on lui obéissait »[3].
Selon Régis Lafargue, conseiller référendaire à la Cour de Cassation[4] :
« le statut coutumier est fondé sur un privilège de masculinité et un principe de primauté quasi-absolue du groupe (le clan) sur l’individu. » Ce que confirme l’anthropologue Christine Salomon « Les sociétés kanakes anciennes se singularisent par une idéologie et une pratique sociale caractérisées par le principe de hiérarchie et l’absence corrélative de principe d’égalité dans les relations entre personnes.
Selon le professeur de droit Gérard Orfila, le droit coutumier kanake est relatif à la propriété foncière, aux relations au sein de la tribu et au statut civil.
Selon ce statut civil : le mariage est organisé par le clan, comme le divorce, l’autorité parentale appartient plus à l’oncle qu’aux parents. Régis Lafargue précise « La femme battue par son mari, lorsqu’elle prend l’initiative de quitter le domicile conjugal, supporte tous les torts. »
Quand aux relations au sein de la tribu elles sont caractérisées par une hiérarchie complexe.
La coutume est aussi pénale : elle prévoit des punitions corporelles collectives.
Ainsi « Dans la pratique subsistent quelques règles coutumières qui sont manifestement incompatibles avec l’ordre public de notre pays » ... C’est le moins que l’on puisse dire.
Elles seraient d’ailleurs « une cause de tension à l’intérieur de la société traditionnelle (certaines personnes ne les acceptent pas) » Ne s’agirait il pas des femmes par exemple ?
LES FEMMES EN PAYS KANAK
En 2000, l’ethnologue Christine Salomon donne les informations suivantes sur des aspects du droit kanake :
« Le droit particulier kanak, qui régit encore aujourd'hui les questions relevant du droit civil (notamment le droit de la famille), permet maintenant la « dissolution du mariage » à condition que les deux clans intéressés - celui de l'homme et celui de la femme - y consentent, mais cette procédure reste tout à fait exceptionnelle. »
A propos des viols collectifs qu’elle estime relativement fréquents dans le milieu rural et qu’elle rattache à d’anciennes coutumes, Christine Salomon note que « La peine coutumière infligée est une réprimande ou une bastonnade publiques des coupables, voire de tous les jeunes, garçons et filles. A cela s'ajoute parfois un processus de réconciliation entre clans ... Enfin, on conclut éventuellement une promesse de mariage de l'intéressée avec son « copain » violeur. Aujourd'hui, seule une minorité des victimes, insatisfaites de ce genre de réparation, porte plainte devant la justice française. »
« Au vu de cet apprentissage d'une sexualité de viol chez les garçons et de soumission chez les filles, on devine qu'il n'est pas admis qu'une femme, dans le cadre de relations conjugales, se refuse sexuellement à son mari ou à son compagnon. Ce refus et la jalousie sexuelle semblent la cause la plus habituelle des violences domestiques commises par les hommes »
« Ce sont les femmes non mariées vivant avec un homme et ayant avec lui des enfants portant son nom qui sont les plus vulnérables dans ce genre de situation .... elles ne sont pas autorisées à riposter à la violence du conjoint par des cris ou des coups et savent qu'en cas de rupture, elles devront renoncer à leurs enfants, même s'ils sont encore très petits ».
« Entre les années 1955 et 1975 à Monéo et à Nékliai. A Tiéta, des jeunes filles s'étaient « enfuies » pour aller danser dans une fête où l'une d'elles s'était fait violer, à leur retour le chef condamna à être battues, non seulement l'ensemble des filles, mais aussi leurs mères qui auraient dû les empêcher de partir.
Christine Salomon[5] observe une prise de conscience des femmes, qui les pousse à demander plus que les hommes à sortir du statut coutumier et à recourir à la justice de droit commun contre les violences sexuelles. Elle estime que c’est la reconnaissance de la revendication kanake lors des accords de Matignon qui a servi de déclencheur au recours à la loi.
« Auparavant les maris, étaient considérés comme en droit de discipliner femmes et enfants, les coups étant perçus comme une expression légitime du mécontentement masculin. Il en résulte que les sociétés kanakes ne jugeaient pas intolérables les violences physiques ou sexuelles, mais les atteintes aux règles d'alliance et à la norme de soumission des femmes aux hommes. La hiérarchie entre les sexes suffisait à justifier les comportements domestiques violents, y compris aux yeux des femmes elles-mêmes »
Les années 90 ont donc marqué un tournant judiciaire et social : insatisfaites des sanctions coutumières appliquées aux auteurs, un certain nombre de victimes ...se sont adressées aux institutions judiciaires qui, dans le contexte politique consécutif aux Accords de Matignon (1988), ont saisi l'occasion d'uniformiser les condamnations, que la victime soit européenne ou mélanésienne et d'affirmer l'impartialité de la justice considérée comme coloniale par les Kanaks et encore souvent appelée " justice des Blancs ".
Les réponses féminines ne sont pas seulement individuelles mais aussi collectives à travers les associations de femmes. Au début des années 90, ces associations préparèrent la mobilisation contre les abus d'alcool fréquemment liés aux conduites sexuelles masculines violentes. Quelques années après, elles contribuaient à la suite de SOS Violences Sexuelles à rompre le silence sur les violences sexuelles subies par les enfants. Depuis 1999, elles font, jusque dans les localités de l'intérieur et des îles, de la lutte contre les violences conjugales un de leurs objectifs déclarés, organisant réunions et marches de protestation à ce sujet, ce qui était impensable il a peu de temps encore et témoigne d'une nouvelle avancée de l'idée des droits des femmes et de l'égalité
« La reconnaissance de la revendication kanake lors des Accords de Matignon a servi de déclencheur au recours par les femmes à la loi pour des actes jusque là implicitement ou explicitement légitimés par la coutume. L'augmentation des recours en matière pénale indique une montée en puissance de l'idéologie égalitaire, bien que ces choix individuels s'opèrent parfois encore au risque de cassure avec le milieu social et d'exclusion par le groupe de parenté ou de résidence. »
« Un certain nombre de femmes kanakes ont également choisi, ces dernières années, de renoncer à leur statut personnel et d'opter pour le droit commun afin d'échapper à certaines règles coutumières concernant le droit de la famille » Ainsi « Chaque année la majeure partie des demandes de statut particulier enregistrées à l'état civil émane de femmes »
« Les changements de statut des femmes qui optent pour le statut commun ... préoccupent les institutions coutumières (exclusivement masculines), mais si la question revient régulièrement à l'ordre du jour, les coutumiers se sont jusqu'alors majoritairement prononcés contre le divorce. »
Il y a apparemment un grand paradoxe dans ces évolutions : valorisation marquée de la coutume avec tous ses aspects sexistes d’un côté, et revendications par des femmes de leur droit à l’égalité, qui se traduit par un recours à la justice non coutumière.
Mais finalement il peut s’expliquer par le contexte démocratique du « retour » de la coutume.
La « kanakie » se trouve dans un Etat démocratique relativement fort, où les associations sont libres, où la justice est accessible,( même si ses repères sont brouillés par l’interférence des coutumes, même les abus coutumiers ne sont pas toujours sanctionnés), c’est à dire dans un Etat où la coutume ne peut pas revenir totalement à ses vieux démons inégalitaires.
Dans ce contexte, la dimension de reconnaissance de dignité que représente la prise en compte de la culture d’un peuple colonisé, joue peut être une sorte de rôle thérapeutique, un booster d’estime de soi, qui peut encourager l’émancipation des « dominé-es » dans ce peuple, y compris contre les mauvais aspects de la coutume.
____
[1] Essai sur la nouvelle-calédonie Vieillard et Deplanche chirurgiens de la marine impériale librairie challamel ainé 1863 l'harmattan 2001
[2] Gérard Orfila Régime législatif, réglementaire et coutumier de la nouvelle calédonie.
[3] Raymond Verdier Droit et cultures Revue semestrielle d’anthropologie 1999/1 -
[4] « Statut personnel, coutume et justice en Nouvelle-Calédonie » www.enm.justice.fr
[5] C. SALOMON, Les femmes kanakes face aux violences sexuelles : le tournant judiciaire des années 1990, journal des anthropologues, 82-83, 2000, pp. 287-307
Source:http://www.c-e-r-f.org/fao-156.htm
Publié le 19/11/2008 à 12:00 par kanekarythm
TOUS LES HABITANTS DE LA FRANCE SONT-ILS DES CITOYENS FRANÇAIS ?
En principe, sont citoyens français les personnes ayant la nationalité [Définition- Nationalité = Lien juridique donnant à un individu la qualité de citoyen d’un Etat.] française et jouissant de leurs droits civils et politiques (ex : droit de vote).
• En effet, la qualité de citoyen est d’abord liée à la détention de la nationalité. Ce lien est très fort en France à la différence de certaines démocraties (ex : certains pays scandinaves).
• Mais, si la nationalité est une condition nécessaire, elle n’est pas suffisante. Au sens strict, il faut aussi jouir de ses droits civils et politiques. Cette condition semble, d’un point de vue juridique, exclure de la citoyenneté, Citoyenneté :Lien social établi entre une personne et l’État qui la rend apte à exercer l’ensemble des droits politiques attachés à cette qualité sous réserve qu’elle ne se trouve pas privée de tout ou partie de cet exercice par une condamnation pénale (privation de droits civiques). Juridiquement, un citoyen français jouit de droits civils et politiques et s’acquitte d’obligations envers la société. les mineurs, les majeurs sous tutelle et les personnes déchues de ces droits par les tribunaux.
• Toutefois, le lien traditionnel entre nationalité et citoyenneté tend à s’estomper sous l’effet de la construction communautaire. En effet, depuis le traité de Maastricht de 1992 (et la révision de la constitution française qui l’a suivi), les ressortissants d’un État de l’Union européenne résidant dans un autre État de l’Union que le leur peuvent participer aux élections municipales et européennes et s’y faire élire. Ils sont ainsi dotés d’un des éléments essentiels de la citoyenneté, le droit de vote.
• En revanche, les étrangers d’origine non communautaire ne peuvent pas, aujourd’hui, participer aux élections politiques en France. Ils peuvent néanmoins voter aux élections professionnelles et universitaires.
• Reste un cas particulier, celui de la superposition de deux citoyennetés qui existe désormais en Nouvelle-Calédonie (citoyenneté française et citoyenneté néo-calédonienne).
Quelques mots sur le pays:
La Nouvelle-Calédonie est un archipel dont l'ile principale est « La grande terre », elle a été découverte par un écossais James Cook le 4 septembre 1774. La NC est devenue possession française le 24 septembre 1793 du fait de l’Amiral FEBVRIER DESPOINTE au nom de l’empereur Napoléon III.
Elle a ensuite été une colonie pénitentiaire et une terre de bagne jusqu’en 1931. Puis de 1946 à 1998, la NC est un Territoire d’Outremer.
C'est la Loi cadre DEFERRE du 23 juin 1956 qui donna réellement la qualité de citoyen aux ressortissants kanaks, jusque là dépourvus de personnalité juridique presqu'au même titre que les objets et les animaux.
Aujourd’hui, nous somme une « collectivité sui generis » suite aux Accords de Matignon-Oudinot (26 juin et 20 août 1988) et de Nouméa du 5 mai 1998 (complétés par la Loi organique du 19 mars 1999) établis dans un souci de retour à la paix sociale remis en cause par une période de troubles appelée « Les évènements » de 1981 à 1988 qui ont ensanglanté le « Cailloux ».
Désormais, la N-C est dotée de ses propres institutions : Un gouvernement de la N-C, un Congrès (sorte de parlement), et d’un Sénat Coutumier… ; de sa propre fonction publique territoriale et de ses propres lois dites « Lois du pays ».
La N-C est découpée en trois provinces : la Province Sud avec la capitale Nouméa, la Province Nord et la Province des îles. La N-C est inscrite dans un processus d’autodétermination du fait d’un transfert de compétence en cours (comme l’enseignement, les impôts…) et du référendum d’autodétermination normalement prévu en 2014.
La notion de citoyen renvoie toujours à l’exercice de droits et à la soumission à des devoirs d’essence civile et politique. Elle répond par sa plasticité aux volontés politiques liées soit à des processus d’intégration de type européen, soit à des mécanismes d’autonomisation tels que peut les vivre la Nouvelle-Calédonie aujourd’hui.
En effet, bien que de nationalité française, les kanaks ne bénéficient de la citoyenneté qu’à compter du 1er juin 1946, en vertu de la loi du 7 mai de la même année. Il fallut néanmoins attendre une loi du 23 mai 1951 pour que tout individu de nationalité française agé au moins de 21 ans puisse participer à l’élection des députés de l’Assemblée Nationale et une loi du 26 juillet 1957 pour que soit instauré un véritable suffrage universel et égalitaire pour les élections à l’Assemblée territoriale de la Nouvelle-Calédonie.
Dés lors, il n’y avait plus, en principe, de différence entre nationalité et citoyenneté. Or l’Accord de Nouméa et la loi organique du 19 mars 1999 instituent une nouvelle dissociation entre nationalité et citoyenneté en posant les fondements de la citoyenneté calédonienne et donc l’émergence de nationaux français jouissant de « double citoyenneté ».
Le document d’orientation de l’Accord de Nouméa dans son point 2 consacré aux institutions indique clairement l’objectif poursuivi par la mise en place d’une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie : il s’agit de traduire la communauté de destin choisie et de permettre l’évolution de l’accord, la voie de l’indépendance était retenue. La citoyenneté est donc à la fois un instrument de construction d’une société calédonienne intégrée et d’autonomie de celle-ci par rapport à la métropole.
Deux vecteurs sont privilégiés pour incarner cette citoyenneté : l’un, relatif aux droits politiques, est le corps électoral (le document d’orientation précise que « La notion de citoyenneté fonde les restrictions apportées au corps électoral pour les élections aux institutions du pays pour la consultation finale ») ; l’autre, portant sur les droits civils, est la préservation de l’emploi local (selon le document d’orientation, la citoyenneté « sera aussi une référence pour la mise au point des dispositions qui seront définies pour préserver l’emploi local »). Les principes posés par l’Accord de Nouméa sont « traduits » juridiquement dans la loi organique de 1999. L’article 5 de la loi institue une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie dont bénéficient les personnes de nationalité française remplissant les conditions requises pour faire partie du corps électoral procédant à l’élection du Congrès et des Assemblées de province, le citoyen calédonien se définit exclusivement par sa capacité à voter pour les institutions du pays. L’article 188 retient l’une des conditions suivantes pour être électeur :
- remplir les conditions pour être inscrit sur les listes électorales de la Nouvelle-Calédonie établies en vue de la consultation du 8 novembre 1998 ;
- être inscrit sur le tableau annexe et domicilié depuis 10 ans en Nouvelle-Calédonie à la date de l’élection au Congrès et aux assemblées de Province ;
-avoir atteint l’âge de la majorité après le 31 octobre 1998 et soit justifier de dix ans de domicile en Nouvelle-Calédonie en 1998, soit eu un de ses parents les conditions pour être électeur au scrutin du 8 novembre 1998, soit avoir eu un de ses parents inscrit au tableau annexe et justifier d’une durée de domicile de 10 ans en NC à la date de l’élection.
Ce n’est donc pas sa condition de citoyen qui détermine ses droits mais bien des droits politiques législativement et limitativement définis qui fondent sa qualité de citoyen. Le citoyen calédonien par ses droits politiques dispose de droits civils et ceux-ci, au moins dans la loi organique, ont essentiellement trait à l’accès à l’emploi. C'est ainsi que l’article 24 prévoit expressément la possibilité pour la NC de prendre au bénéfice des citoyens des mesures visant à favoriser l’exercice d’un emploi salarié, tant dans le secteur privé que la fonction publique de la NC et la fonction publique communale. De même des mesures restrictives peuvent être adoptées pour l’accession à l’exercice d’une profession libérale.
La citoyenneté de la NC est dans ses effets l’une des ferments puissants de l’émergence d’une identité calédonienne dont l’originalité n’est pas synonyme d’exclusion.
• Enfin, si les critères objectifs pour définir les citoyens français sont de nature juridique, il faut rappeler que la citoyenneté n’est pas qu’un concept de droit définissant les droits et les obligations des citoyens envers la collectivité politique, mais également un ensemble de rôles sociaux et de qualités morales.
Publié le 18/11/2008 à 12:00 par kanekarythm
Elle, tel une ombre bienveillante, te suit du regard depuis tes premiers cris
Quand tout s'écroule autour de toi, que tu te sens seul au monde, incompris, c'est elle que tu cherche...
C'est elle qui dés le premier battement de ton cœur n'a fait qu'un avec toi,
C'est elle qui a la première fois eu les gestes attentionnés comme tu n'en connaîtra plus jamais,
C'est blotti contre son sein que le temps s'arrête, l'endroit le plus sécurisé de l'univers,
C'est elle la première qui lit en toi comme dans un livre,
Fière, souriante, combative, généreuse, compréhensive, tendre, magnifique...
tu est né, elle tas pris dans ses bras,
tu as pleuré, elle a séché tes larmes,
tu as rit, elle a rit avec toi,
tu n'as rien compris, elle a pris le temps de l'expliquer
tu as pêché, elle t'as pardonner,
tu combat de toutes tes forces, elle te soutient coûte que coûte,
tu as eu peur, elle te sécurise,
tu as douté, elle seule a cru en toi,
Elle, ton essence : Essentielle.....
Publié le 06/11/2008 à 12:00 par kanekarythm
Qu'est ce que la vie?
Est ce que c'est ce sentiment de tristesse que je garde au fond de moi tous les jours?
Est ce que ce sont tous ces évènements que je ne contrôle pas
Est ce que c'est cette fragilité du bonheur?
Est ce que c'est cette impuissance face à la misère du monde?
Pourquoi devoir respirer cet air polluée?
Pourquoi ne pas avoir le choix de son destin?
Pourquoi devoir vivre et exister alors que tous nous mourrons demain?
Pourquoi doit-on philosopher et relativiser pour encaisser les coups durs?
Qui pourra sauvegarder l'intégrité de mes enfants dans ce monde quand je serais plus?
Comment ne pas réfléchir au monde qui les acceuillera ou les exclura?
Comment les plus belles choses peuvent-elles avoir toujours une fin?
Pourquoi les bonnes blagues sont-elles toujours les plus courtes?
Pourquoi la vie ne prend un sens que par rapport à la mort?
Pourquoi le jour existe t-il que parce que la nuit existe?
Comment la vie peut elle nous faire voir tous ces moments : les coups de gueules, les trahisons, la joie, l'affection d'une mère, la fièrté d'un père, l'exclusion d'une famille, la haine d'une mère, le mépris d'un père, l'absence de celui,ci...
la souffrance, l'amertume, la frustration, la solitude au milieu de tout ce monde, le rejet, l'amour pasionnel, l'espèrance en des jours meilleurs, la désillusion de l'amour, la fraternité au delà des différences, la déception, la jalousie, la confiance aveugle...
l'inlassable espoir de toujours trouver mieux....
le manque de la famille, le manque de l'être aimé....
La vie c'est tout cela et bien plus encore....
Publié le 28/10/2008 à 12:00 par kanekarythm
A l'aube de mes 30 ans, je me rend compte que rien n'est gagné pour ne pas dire que tout est perdu, car tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir...
Au fin fond des vallées, une jeune mère, sans diplomes, sans travail, sans permis est en proie au desarroi...
Notre mère la montagne est éventrée, scarifiée, mutilée et déverse son sang dans le lagon...
Ma petite soeure s'est encore prostituée à la base - vie...
L'argent facile continue inlassablement de compter ses morts et ses orphelins...
Les quartiers de Nouméa tentent, tant bien que mal, d'élever les abandonnés du Kava et du Bingo...
Mon frère séchant les cours, buvant de l'alcool, se battant, insultant à tout va, fumant tout ce qui se passe, perd son père, ses repères...
La pirogue de la construction s'élance à grande vitesse mais là encore un passager manque à l'appel....
Publié le 10/09/2008 à 12:00 par kanekarythm
Source : http://www.rosada.net/carakteres/Carakteres33.htm
Poête, Ecrivain Kanak,originaire de MAré...
"CARAKTERES" une émission d'Alexandre ROSADA.
Mercredi 9 Octobre à 12H20 et Samedi12 Octobre à 8h sur Radio Nouvelle Calédonie.
C'est avec Pierre Gope, écrivain, poête Kanak natif de Pénélo dans l'Ile de Maré que nous avons rendez vous dans notre émission cette semaine. Nous avons choisit de le rencontrer car il va bientôt être à l'affiche du Théatre de l'Ile dans une pièce dont il est co-auteur avec Nicolas Kurtovitch "Les Dieux sont Borgnes".
Nous n'abordons pas ce spectacle, dans notre entretien mais cette actualité nous permet de faire un arrêt sur cet auteur sensible, dont les textes autant poêtiques que théatraux sont souvent justes.
La plume de Pierre Gope est acérée et trempée dans les blessures de son peuple. Dans ses écrits Pierre Gope choque, dérange. Ses mots cinglants sont les marques d'un recul et d'un regard sans concessions surtout lorsqu'il s'agit de parler des valeurs ou plutôt de la valeur de la tradition....
Pourtant Pierre Gope n'est jamais critique gratuitementl, s'il dénonce c'est pour alerter, alarmer...preuve d'une grande lucidité. De plus sa parole n'est jamais sectaire, réduite à un clan, une île ou une terre, il parle pour tous, pour tenter de dire l'essentiel et l'universel...
Autant dire que l'homme est passionnant.
Il nous parle de son enfance à Maré dans la tribu, élevé par ses grands parents et assistant aux palabres des grands chefs coutumiers...."cela m'a marqué" dit il.
S'il a eu de la chance de ne pas aller à l'école poursuit-il c'est pour mieux apprendre la vie, dans la rue, sur les routes....Ainsi en 1990 Pierre Gope effectue un grand voyage autour de la Grande Terre, car c'est dans le mouvement et le déplacement que Pierre Gope se réalise.
Au contact des gens et d'autres cultures il se nourrit et s'enrichit...Tel un compagnon avide de savoir il est en quelque sorte en quête de lui même et des autres. "C'était peut être mon chemin dit-il, je cherchais quelque chose, je ne sais pas ce que je cherchais mais aujourd'hui je sais que je suis ancré dans ma terre.J'ai vécut des accueils avec beaucoup d'émotions".
Avec vous appris quelque chose ? Tu ne sais pas si cela va te servir me répond-il mais tu communiques cela donne de la force...
Mais voila que le théatre va croiser la route de Pierre Gope...En 1991 alors que Souleymane Koly répéte avec sa troupe de théatre Koteba à Rivière Salée, Pierre Gope, est appelé par hasard à jouer le rôle principal de la pièce..."J'ai laissé mes chaussures de foot dit-il et j'ai chaussé mes chaussures de scène".
L'expérience est concluante, il part donc en Afrique avec la troupe, à Abidjan Cote d'Ivoire.
Là c'est encore le travail qui l'attends et son sens aigüe de l'observation, qui vont lui permettre de progresser.."L'Afrique c'est la même terre qu'ici dit il mais les gens sont plus proches, et moins jaloux qu'içi" poursuit-il faisant une analogie avec la Calédonie.
Un peu plus tard il rejoint Peter Walker au Vanuatu, puis travaille avec Peter Brook à Rennes en France.
Au même moment Pierre Gope éprouve le besoin de l'écriture et, trés vite sa première pièce, voit le jour "Wamirat, fils du grand chef de Pénélo".
De retour en Calédonie Il fonde aussi sa compagnie Cebue.
L'écriture est donc en lui, et petit àpetit Pierre Gope devient un ouvreur de conscience, un donneur de sens à la tradition et à la modernité, mais aussi un passeur d'émotion lorsqu'il écrit en 1999 "S'ouvrir" un recueil de poêmes paru aux Editions L'Herbier de Feu"...
Cette année au Centre Tjibaou Pierre Gope, l'insatiable, jouait encore une nouvelle pièce "La fuite de l'Igname"...un texte grave et courageux sur la discorde au sein d'une tribu, avec l'équilibre menacé au sein de la chefferie...
Une manière de dire pour Pierre Gope, qu'il "y a une fuite d'unités dans nos chefferies, de Maré ou d'ailleurs". "J'ai utilisé le mythe poursuit-il mais les problèmes sont là, on a oublié le verbe être au détriment du verbe paraïtre... mais je ne critique pas affirme Pierre Gope, c'est un constat, il faut le dire...on dirait qu'on a perdu le sens...et, ajoute-t-il ce texte ne s'adresse pas qu'aux Kanak il s'adresse à tous, confirmant ainsi l' universalité de son propos.
Alors comment qualifier l'écriture de Pierre Gope ? Il énumère tour à tour, une écriture politique, humaine, sociale, individuelle, et poursuit "je ne sais pas, mais j'essaie d'être à jour pour parler des choses.J'écris pour être proche des évènements, pour conscientiser, comme pour alarmer" dit il..."mais je ne donne pas de solutions".
Nous continuons notre entretien sur le thême de la Coutume. Relie-t-elle les hommes, et ne pèse-t-elle pas trop fortement sur les individus ? La coutume est bien dit Pierre Gope mais les gens qui la pratique parfois ne sont pas bien dit-il sans complaisances.
Quel est votre rêve pour ce pays ? Un rêve ? Pierre Gope réfléchit, "je rêve qu'un jour ce pays soit une terre ou l'on se rassemble tous, comme dans un bateau où nous serions embarqué,s et qui va dans le bon port" conclue t il.
Publié le 25/06/2008 à 12:00 par kanekarythm
Déwé Gorodé naît le 1er juin 1949, à Ponérihouen, sur la côte Est de la Grande Terre calédonienne, dans la tribu de Pwârâïriwâ, située à l'embouchure de la rivière qui donne au village son nom.
Études primaires dans la région de Houaïlou, baccalauréat de philosophie au lycée Lapérouse à Nouméa, licence de lettres modernes à l'Université Paul-Valéry de Montpellier : son parcours scolaire est brillant. En 1974, à son retour au pays, il la conduit à enseigner le français dans un collège catholique de la banlieue de Nouméa. Déjà, elle a dans ses cartons des poèmes dont l'écriture a commencé dès 1970, mais qui ne seront publiés que quinze ans plus tard.
Militante de la première heure de la cause indépendantiste, Déwé Gorodé s'engage dès 1974 au sein du mouvement des Foulards Rouges, né en 1969 et dont elle assure un temps la présidence.
Puis elle est parmi les fondateurs du groupe 1878, ainsi nommé en mémoire de la révolte kanak de 1878, qui s'acheva par la mort du chef Ataï, non sans que celui-ci ait fortement ébranlé la colonie.
En 1976, elle contribue à la création du parti indépendantiste kanak à tendance marxiste, le PALIKA. Des missions du front indépendantiste la conduisent dans le Pacifique, en Australie, en Algérie, au Canada, à Mexico et à l'O.N.U. Mais elle paie aussi, en 1974 et 1977, cet engagement de trois emprisonnements qui marqueront durablement, avec son combat son entrée dans l'écriture.
En 1983, Déwé Gorodé enseigne le français au collège protestant Do-Néva de Houaïlou (côte Est de la Grande Terre calédonienne). En 1984, à Hienghène, dix militants kanak, dont deux frères du leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou, sont assassinés. Le mouvement se durcit. Il bouillonne aussi de réflexions et d'expressions multiples. Elle quitte Do-Neva et s'investit dans l'École populaire kanak (E.P.K.) de Ponérihouen qui vient de se créer. Elle y enseigne le paicî, langue de sa région d'origine, de 1985 à 1988. En 1985, la parution, avec Sous les Cendres des conques, de ses poèmes de combat, ouvre la voie à une parole kanak qui ose s'emparer – et avec quelle force – de l'écrit et de la langue française pour affirmer qu'elle s'est mise debout, et qu'il sera désormais impossible de la faire taire.
En 1992, Déwé Gorodé participe à une mission de femmes au Mali. De 1994 à 1995, elle travaille pour l'Agence de développement de la culture kanak lors de la saison de préfiguration du Centre culturel Tjibaou. De 1996 à 1997, elle enseigne de nouveau le paicî à Houaïlou et Poindimié. De 1999 à 2001, elle dispense des cours d'histoire de la littérature du Pacifique et de littérature mélanésienne contemporaine à l'Université de Nouméa.
Dans le même temps, elle publie deux recueils de nouvelles et un recueil d'aphorismes qui manifestent une fois encore, avec la puissance de sa langue, l'acuité de son regard. Il n'épargne aucun des travers de la société post-coloniale qui l'entoure, ni les compromissions des combattants d'hier parvenus au pouvoir, ni les mille formes de domination à laquelle se voient soumises les femmes, de quelque origine qu'elles soient.
En 1999, elle s'engage dans une démarche d'écriture croisée avec l'auteur calédonien Nicolas Kurtovitch. Ensemble, ils cosignent Dire le vrai, posant avec ce dialogue entre leurs deux voix un acte politique fort, d'une exigence littéraire qui l'est tout autant. En 2002, elle conduit la délégation d'auteurs de la Nouvelle-Calédonie, qui en est l'invitée, au Salon du livre insulaire d'Ouessant.
Son œuvre est étudiée très au-delà de la Nouvelle-Calédonie et, comme celle de Nicolas Kurtovitch, retient toute l'attention des universités de la grande région Pacifique, tout particulièrement en Australie et en Nouvelle-Zélande. Elle y fait l'objet actuellement d'un important effort de traduction en langue anglaise, alors même que la plupart des éditions françaises de ses textes est épuisée.
Déwé Gorodé assume depuis 2001 les fonctions de vice-présidente du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, en charge dans un premier temps de la culture et des sports, puis depuis juin 2004 de la culture, de la condition féminine et de la citoyenneté.
Mariée et mère de trois enfants, elle continue d'accorder une extrême importance au travail de la terre et est également une conteuse traditionnelle fière de son héritage.
Elle est membre de l'Association des Écrivains de la Nouvelle-Calédonie.
Oeuvres principales:
Roman:
L'épave. Nouméa: Madrépores, 2005.
Poésie:
Sous les cendres des conques. Nouméa: Edipop, 1985.
Dire le vrai / To Tell the Truth (avec Nicolas Kurtovitch). Édition bilingue de 18 poèmes (traduction anglaise de Raylene Ramsay et Brian Mackay). Nouméa: Grain de sable, 1999.
Nouvelles:
Ûte Mûrûnû, petite fleur de cocotier. Nouméa: Grain de sable, 1994.
L'Agenda. Nouméa: Grain de sable, 1996.
Le Vol de la parole (avec Weniko Ihage). Nouméa: Edipop, 2002.
Recueil d'aphorismes:
Par les temps qui courent. Nouméa: Grain de sable, 1996.
Théâtre:
Kënâké 2000, pièce inédite, mise en scène par Pierre Gope lors du Festival des Arts mélanésiens à Nouméa en 2000.